Louis GARIN

1888-1959 (d’après une page de Gwenaela Souet-Monnier)

Il naît le 23 juin 1888 à Rennes dans un milieu modeste Son père est cheminot. Louis Garin est contraint de quitter l’école dès l’obtention de son brevet d’études pour aller travailler auprès de son père à la Compagnie des Chemins de Fer. Plus tard, son goût pour les arts et ses facilités à dessiner l’incitent à suivre les cours du soir à l’École des Beaux-Arts de Rennes. Marié et père de famille, il travaille la journée et parvient à peindre le soir et pendant ses jours de congés.
1922 marque sa première participation au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts à Paris avec la présentation de son tableau intitulé le Mois de Marie. 
L’année suivante, l’Enterrement à Penmarc’h y remporte un vif succès.
Ce n’est qu’en 1935, lors de la commande de la décoration de l’église Sainte-Thérèse à Rennes, qu’il quitte son emploi de cheminot pour se consacrer entièrement à la peinture.
Réfugié à Landavran (canton de Vitré Ouest),pendant la Seconde Guerre mondiale, il a décoré les murs de cette église. Il y a laissé deux peintures représentant l’Education de la Vierge et Sainte Philomène.

Une production riche et diversifiée

Sa carrière est remarquable par sa qualité et sa diversité. En effet, en plus des peintures de chevalet, l’artiste a réalisé des céramiques pour la manufacture HB à Quimper et pour les faïenceries de Sarreguemines.Il a également illustré la revue La Bretagne Touristique, les journaux l’Ouest-Éclair et la Vie Rennaise ainsi que de nombreux ouvrages dont la célèbre Chanson du cidre de Frédéric Le Guyader et Tryphina Keranglaz d’Anatole Le Braz. Il est également reconnu pour sa production d’affiches et de décorations de boîtes (Galettes Saint Michel à Saint Michel Chef-Chef, Galettes le Huédé à Batz-sur-Mer et le Comptoir Breton à Rennes).

Une production largement marquée par la Bretagne

L’étude complète des sujets représentés par Louis Garin permet de le désigner comme étant le peintre de la Bretagne. La vision qu’il offre est foncièrement optimiste, sa Bretagne est vivante et chatoyante. Excepté la région de Penmarc’h où il se rend spécialement pour peindre les paysages et les Bigoudens, les endroits qu’il représente sont directement liés à ses lieux d’habitation. Les scènes situées dans la région de Paimpol rappellent son enfance et la ville dont est originaire sa mère. Celles situées à Trébeurden évoquent les premières vacances du jeune peintre avant qu’il ne découvre le Morbihan. Enfin il consacre les vingt dernières années de sa vie à la représentation du Val d’Izé, près de Fougères, où il séjourne jusqu’à sa mort le 13 octobre 1959.

Ses nombreux carnets de croquis témoignent de l’attachement de l’artiste pour les paysages côtiers bordés de pins et pour la vie à l’Ile aux Moines. Peintre de son temps, il aime représenter la vie quotidienne insulaire. Les scènes très animées de plages et de régates sont nombreuses. Dans les scènes de rues, les connaisseurs resituent facilement la Place de la Boucherie dans un de ses tableaux ainsi qu’une des rues limitrophes de l’église dans l’œuvre intitulée Un dimanche à l’Ile-aux-Moines.

L’étude des œuvres de Louis Garin permet d’affirmer que la représentation du Morbihan est la plus intéressante dans sa production de céramiques et de décors peints.

Les céramiques

Louis Garin a travaillé une dizaine d’années à partir de 1928 avec la Manufacture HB de Quimper. Les deux vases en grès présentés dans ce paragraphe sont considérés, dans le milieu artistique, comme faisant partie des plus beaux Odetta figuratifs réalisés par la Manufacture.
Le vase aux femmes de l’Ile-aux-Moines est directement inspiré du logo «Bon vent me pousse» que l’artiste a réalisé pour la revue la Bretagne Touristique en 1924. Le motif de la femme poussée par le vent et portant le costume de deuil de l’île est reproduit six fois sur la panse du vase. Des émaux bleu cobalt sont appliqués dans la partie haute du vase au niveau des quatre anses ainsi que dans sa partie basse. Entre les deux, l’artiste fait preuve d’audace dans la simplification des formes avec ses aplats de brun manganèse très sombre pour la cape, de blanc pour la coiffe et d’ocré pour les mains et le visage.Le vase aux voiliers présente également de grandes qualités plastiques. On peut situer plus difficilement la scène en Bretagne, mais il est tout de même fort probable que Garin se soit inspiré des scènes de régates de l’Ile-aux-Moines qu’il aimait observer. L’emploi des émaux bleus crée ici un fond inégal, épais et fluide. Les coques grises des voiliers et les grandes voiles blanches se détachent du fond. Quelques traînées d’écume permettent de situer le lieu d’évolution des voiliers sur l’eau.

Les décors peints

Vingt-cinq décors peints ont pu être retrouvés lors des recherches, sans compter les nombreuses maquettes existantes mais non localisées. Excepté le panneau de Louis Garin dans le Pavillon Breton à l’Exposition Universelle à Paris en 1937 et la décoration de la salle de jeux de la classe touriste dans le Paquebot Normandie, sa production décorative est réservée à la Bretagne. Le premier décor réalisé à l’Hôtel Duguesclin à Rennes en 1922 s’inscrit dans la vague de décoration des établissements hôteliers lancée par Jean-Julien Lemordant à l’Hôtel de l’Épée à Quimper. La pose de son dernier ensemble décoratif dans le
chœur de l’église de la Chapelle Janson date de quelques mois avant sa mort.

Six décors ont été réalisés dans le Morbihan. Le premier, situé à la Villa Ker-Zina à l’Ile-aux-Moines, est l’objet d’une commande privée en 1925. Les cinq panneaux, aujourd’hui déposés, ont pour sujet le port à marée basse, le pardon et la promenade des jeunes couples dans le Bois d’Amour. Ceux réalisés sur l’île en 1937 pour l’Hôtel San-Francisco ne sont malheureusement pas connus.

Le thème de l’âge d’or de la Bretagne a été retenu pour la décoration des murs de la salle de bal de l’Hôtel Manche-Océan à Vannes (1954). Même si le sujet est mythologique, Louis Garin a resitué la scène dans un paysage imaginaire breton composé de bosquets, de landes, de plages et d’étangs. Les couples vêtus du costume antique se font et se défont dans une insouciance bienheureuse parmi les animaux en liberté. Long de 17 m, l’ensemble n’est plus en place aujourd’hui ; il a été déposé et découpé en onze parties dispersées dans des collections particulières.

Les décors du restaurant Le Ménach au Bono (1955) ont subi le même sort. Dans le paysage local où l’on reconnaît le pont suspendu et les bords du Bono, Louis Garin a représenté sur un des grands panneaux trois couples déjeunant sur l’herbe, sur l’autre un jeune couple flirtant. Six petits panneaux décoratifs rythment les autres murs de la salle. Sur le thème de la fête, des couples en costume dansent et discutent au son des binious et des bombardes.
L’artiste a fait le choix d’un sujet classique pour orner les murs du baptistère de l’église Saint Joseph à la Trinité-sur-Mer (1958). Dans une composition simple, le Christ reçoit le baptême dans les eaux du Jourdain pendant qu’à l’arrière plan un groupe de fidèles prie. Enfin l’histoire des Vénètes à l’époque gauloise décore la Mairie de Vannes en 1958.

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