Homélie des 60 ans de sacerdoce du Père René CHEREL

Voici l’homélie que le Père Chérel nous a faite dimanche dernier à l’occasion de ses soixante ans de sacredoce. Il est important que nous puissions la partager.

Dimanche dernier, à la Cathédrale ; Mgr d’Ornellas, archevêque de Rennes, ordonnait 4 nouveaux prêtres pour le diocèse.

En 1961, dans cette même cathédrale, nous étions une quinzaine de prêtres à être ordonnés par le cardial Roques. Nous ne sommes plus que 3, du fait de la mort des uns et du départ des autres.

60 années de ministère pastoral en ce qui me concerne, dans le rural d’abord, à Rennes ensuite Sainte Thérèse en 1967, puis les paroisses de Maurepas et Villejean, avec une interruption d’un an à la Mission de France, ensuite Fougères pendant 2 ans et de nouveau à Rennes, à l’archevêché avec Mgr Julien et Mgr Saint Macary. Après un passage à Chantepie, je reviens à Rennes à la paroisse Saint Hélier —Saint Bernard.

Le père Joseph Lecoq, nommé curé de Sainte Thérèse et des Sacrés-Cœurs, me demande de le seconder, en demeurant au presbytère des Sacrés-Cœurs. Comme vous le savez, le presbytère des Sacrés-Cœurs va accueillir une communauté de jeunes en recherche. C’est la raison pour laquelle j’habite de nouveau dans l’ancien presbytère de Sainte Thérèse où Robert m’a fait aménager un appartement. Je l’en remercie.

Pour notre génération, le Concile Vatican 2 a été un grand moment. Et cela a marqué notre façon d’exercer le ministère sacerdotal, dans notre rapport au monde et à l’Eglise.

Mais la parole de Jésus est toujours d’actualité : «Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes». Le monde d’aujourd’hui, il nous faut l’aimer tel qu’il est : c’est un monde à qui il faut dire plus que jamais que Dieu est Amour. || est important de se convertir à cet Amour révélé en Jésus-Christ en vivant de son Esprit, l’Esprit de l’Evangile. Aimer Dieu, c’est déjà accueillir sa présence dans nos vies passagères. Nous sommes faits pour l’éternité. Les mouvements, notamment les mouvements d’Action Catholique, les groupes de prière sont un soutien important pour cette annonce de l’Evangile. Que nous soyons une “Eglise en sortie” comme nous y invite le Pape François.

Je ne regrette pas d’avoir donné ma vie à cette Mission, même si je ne l’ai pas exercée parfaitement. Mais je reviens un peu en arrière parce que le passé peut éclairer le présent. Mon enfance et ma jeunesse ont été vécues dans la simplicité de la vie à la campagne. Nous étions 7 enfants à la maison. Hélas ! 3 déjà sont décédés. Sans de grande démonstration, il y avait et il y a toujours de l’affection entre nous. Nos parents nous ont entourés de leur mieux.

Un moment donné, les 3 aînés nous étions en même temps sous les drapeaux, en Allemagne et en Afrique du Nord. Comme beaucoup d’autres, nos parents ont connu l’inquiétude et l’angoisse de nous savoir en danger. Pour ma part, j’ai connu des situations dangereuses et meurtrières en Kabylie où je suis resté pendant 18 mois sans permission. Mais je ne suis pas le seul qui ait connu une pareille expérience. Plus de 60 ans après, j’ai gardé des liens avec quelques compagnons d’armes de différents grades.

Avec un confrère, je suis retourné en Algérie, en voiture, sur les lieux où j’étais passé 25 ans plus tôt. L’accueil des Algériens, arabes et kabyles, fut remarquable, de même que celui des communautés religieuses d’origine européenne.

Après mes deux ans et demi d’armée, il me restait3 années d’études à faire au Grand Séminaire de Rennes. A cette époque, nous étions encore assez nombreux au 45 rue de Brest. Je crois pouvoir dire qu’il y avait beaucoup d’entr’aide et d’amitié entre nous. On suivait des études de philosophie, théologie, Ecriture Sainte, Liturgie, Droit Canon, etc Les professeurs étaient des prêtres qualifiés, mais il y avait aussi des intervenants laïcs, de haut niveau. Les récollections chaque mois et les retraites spirituelles ont jalonné toutes ces années d’études.

Pour terminer, je peux dire que dans mes différentes responsabilités pastorales, j’ai toujours apprécié le soutien et l’amitié des confrères et la collaboration avec les chrétiens, avec les paroissiens et les communautés religieuses . Merci en particulier à vous qui êtes là aujourd’hui, merci aux diacres et aux religieuses ; merci tout spécial à Robert. C’est grâce à lui si j’ai pu rester au service de nos deux paroisses. Merci à vous tous qui êtes là. Tant que je resterai dans le quartier, je serai toujours heureux de vous rencontrer.

Rennes, 2 et 3 Juillet 2021. P. René Chérel.