Fête du Christ Roi

Chers frères et soeurs,

Il était prévu que je sois de service ce WE. Ne pouvant pas nous retrouver pour célébrer l’eucharistie, je vous propose exceptionnellement un format texte et video de l’homélie de ce dimanche du Christ Roi. Ceci ne remplacera jamais un partage communautaire mais permet de garder un lien entre nous. Soyez assurés de ma prière en ces temps difficiles.

Que le Seigneur vous garde dans sa joie et dans sa paix.
Fraternellement.

Jean-Pierre Trouslard

Homélie du 22 novembre 2020 – Christ Roi

Mt 25, 31-46 ; Ez34, 11-12.15-17 ; 1Co15, 20-26.28

Aujourd’hui, comme chaque dernier dimanche de l’année liturgique, nous fêtons le Christ Roi. Chaque année, les textes proposés sont différents (sur un cycle de 3 années) et nous aident à mieux appréhender quelle est cette royauté dont il est question. En 2020, nous avons parcouru l’évangile selon Matthieu. Dans le chapitre 25, dont la liturgie nous propose le troisième extrait ce dimanche, Jésus enseigne à ses disciples sous forme de discours ou de paraboles. lI leur parle et donc il nous parle, du Royaume et de la fin des temps, avec aujourd’hui le passage dit du « jugement dernier »

Je voudrais tout d’abord insister sur un point qui me paraît essentiel : la séparation que Jésus opère n’est pas entre les bons et les méchants, entre le paradis et l’enfer, mais entre des attitudes qui sont bonnes ou mauvaises. Jésus condamne les actes (ou l’inaction) et non les personnes. Les textes de ces 3 dernières semaines nous le disent à travers divers exemples. Ainsi, à différents moments de notre vie, voire de notre journée, nous sommes tous des jeunes filles prévoyantes et insouciantes, des développeurs et des enfouisseurs de talents reçus et pour le texte du jour des brebis et des boucs. Nous ne sommes pas blancs ou noirs mais gris et nous aurons tous besoin d’être purifiés avant d’entrer complètement dans le Royaume, dans la vie pleine et entière avec Dieu.

Regardons de plus près le texte de l’évangile. Le début et le corps du texte semblent en opposition. Cette apparente contradiction permet de mettre en avant quelle est la véritable royauté du Christ, bien différente de celle à laquelle nous nous attendrions. Ainsi, nous avons au début un Christ triomphant : « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. » Et nous nous représentons bien la scène et le faste qui va avec. Nous voyons clairement un Christ Roi, avec sa cour et ses apparats, qui nous donne envie d’être ses sujets.

Et puis dans le corps du texte, notre Seigneur nous semble invisible. Aussi bien les justes que les maudits disent : « Seigneur, quand t’avons nous vu,… avoir faim, soif, être malade ou prisonnier, etc ? » S’ensuit alors la réponse du Christ qui nous est bien connue : « chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ».

Et bien oui Frères et Soeurs, notre Roi est un Roi d’Amour, qui se fait connaître, qui se rencontre à travers les plus insignifiants, à travers ceux qui souffrent. Il est là avec eux. Le parallèle est frappant avec la première lecture extraite du livre d’Ezéchiel. Dieu, comme plus tard Jésus, y est comparé à un bon berger qui s’occupe bien de nous, ses brebis, notamment celles qui en ont le plus besoin. Et bien, Jésus ne nous demande pas autre chose, il nous demande de l’imiter en prenant soin du plus fragile.

Cette attention au plus pauvre me fait penser aux diaconies paroissiales. Cela n’évoque peut-être rien pour vous et c’est normal car nous ne l’avons pas encore abordé au conseil pastoral. Je voudrais néanmoins vous en décliner les grands principes suite à une rencontre diocésaine sur ce thème qui a eu lieu le 17 octobre dernier. Dans la lettre pastorale de notre évêque d’avril 2018, les diaconies paroissiales apparaissent à l’orientation n°25 « vivons l’amour des pauvres c’est essentiel. » Dans le mot diaconie, apparaît le service et notamment ici celui des plus pauvres. Rappelons-nous cette parole du Christ : « Je suis venu non pour être servi mais pour servir », sa royauté est donc une royauté de service.

La diaconie paroissiale n’est pas une organisation supplémentaire mais une attitude à adopter. Elle s’adresse à la fois à l’ensemble de la communauté et à chaque paroissien en particulier. Le service du pauvre ne peut pas être délégué à quelques « professionnels », même s’ils sont compétents, et j’en profite pour remercier ici toutes celles et ceux qui sont investis dans des mouvements caritatifs.

Il s’agit de mettre ce souci du petit dans tous nos mouvements (accueil, caté, liturgie, groupes de prières, etc…) c’est à dire de les accueillir, d’aller à leur rencontre et de leur donner une place. Et c’est bien ce dernier point qui est le plus important. Il s’agit non seulement de faire pour mais surtout de faire avec et ils nous ouvriront les portes du Royaume. Je cite Mgr d’Ornellas : « les pauvres sont des prophètes, ils nous ouvrent à notre conversion en permanence. » En clair, ils sont source d’évangélisation pour chacun de nous.

Et bien c’est exactement ce que Jésus nous enseigne dans l’évangile du jour dans lequel il s’identifie avec les plus petits.

Alors Frères et Soeurs, n’ayons pas peur du jugement de Dieu, du jugement de notre roi d’amour et de miséricorde. Nous savons quel en est le critère : l’amour concret que nous portons à notre prochain. Alors agissons. En ces temps de pandémie et de difficultés économiques qui s’annoncent, je vous propose de réfléchir et de poser concrètement un acte en ce sens. Un acte qui suppose de prendre le temps d’un véritable échange, d’une véritable rencontre avec notre frère en dificulté en qui Dieu se révèle.

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